L’esthétique platonicienne chez Emmanuel Macron : « Ce que je suis ».

Fondateur du mouvement En Marche et, accessoirement, candidat à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron sait aussi se défendre avec une plume. Son livre « Révolution », paru en 2016 et contemporain de la création de son parti, ne tient en rien du manifeste belliqueux qu’un tel titre aurait laissé présager. Il s’agit ici «(d’) une vision, un récit, une volonté » de ce qu’une révolution démocratique doit, à ses yeux, être.

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La quête de la beauté de et par la connaissance, le chemin vers le monde des Idées.

Après un préface plutôt axé sur le sentimentalisme, discrètement parfumé à l’eau de rose, et pré-mâché pour un édito vite fait bien fait dans la rubrique Vie de couple de chez n’importe quel éditeur de presse féminine ( voir : « divorce », « doute », « coeur » « lassitude » , « dégoût »…), Emmanuel Macron change complètement de registre dès le chapitre 1. Là c’est l’open bar sur plusieurs niveaux. De cette brève autobiographie j’ai choisi de ne pas creuser dans la ressemblance entre le personnage de sa grande-mère et de celui de sa femme (toutes les deux enseignantes et dévouées à leur métier, décidées et patientes, vivant leur vie sans se soucier de ce qui est « socialement correct »). Je ne décortiquerai pas les théories et influences progressistes et libérales qui transpercent son texte notamment sur les bienfaits de l’ascension sociale. Aussi je mettrai de côté, pour une autre fois peut-être, son côté fataliste et que je trouve un peu touchant quand même, (comptez le nombre de fois qu’il utilise le mot « chance » vous allez être surpris). De cette brève autobio je retiens son esthétique, au sens platonicien du terme: la quête de la beauté de et par la connaissance, le chemin vers le monde des Idées.

L’esthétique platonicienne se dévoilant à peine en surface, elle tient fermement les rênes visionnaires d’une révolution démocratique de la chose publique.

Le savoir comme moyen d’ascension personnelle et sociale, mais aussi comme but ultime donnant accès à la beauté de l’infini ou à une infinie beauté, est omniprésent dans ces premières pages. L’esthétique platonicienne se dévoilant à peine en surface, elle tient fermement les rênes visionnaires de la révolution démocratique de la chose publique proposé par Emmanuel Macron.

L’amour pour la beauté et la beauté de la connaissance. La littérature, la musique, le théâtre, la philosophie tracent son chemin. L’épanouissement et la liberté en sont les fils conducteurs. Etant encore enfant, le futur ancien Ministre de l’Economie emprunte le chemin ambitieux de la beauté des Idées: « Je vivais largement par les textes et par les mots. Les choses prenaient de l’épaisseur lorsqu’elles étaient décrites, et parfois plus de réalité que la réalité même ». De ces années d’enfance il retient « l’effort, le désir de savoir pour trouver la liberté ».

Sa relation avec Paul Ricoeur l’aide à franchir un pas de plus vers la connaissance et la liberté : « Il m’a appris comment penser par les textes au contact de la vie. Dans un va-et-vient constant entre la théorie et le réel. (…). C’est dans ce déséquilibre permanent, mais fécond, que la pensée peut se construire et que la transformation politique peut se faire ».

L’ouvrage se termine comme il commence, par la beauté: « C’est notre vocation et je n’en connais pas de plus belle » trouve son reflet dans le miroir du préface « Ce sera notre combat pour la France et je n’en connais pas de plus beau ».

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Le sac à main : Manifeste.

« Permettant le port des outils, de la nourriture ou de la monnaie, il est essentiellement et avant tout utilitaire. Ce sac n’était pas forcément porté par son propriétaire, mais souvent par son serviteur ou son esclave. En effet, dans l’antiquité l’homme libre de tout bagage était souvent le maître », Edwige Ansah – Epoch Times.

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Alors, ça ne vous rappelle rien?  Genre vous aujourd’hui, hier et certainement demain? Vous vous trimbalez avec cet objet, chargé à 200% de la capacité maximale du dernier taux en vigueur communiqué par l’OMS. Mais, qu’est-ce que l’on peut bien y mettre? Et ben, tout, vraiment tout. Une vie entière plus celle de nos enfants et celle de notre mec. Le sac à main est un véritable QG : mouchoirs, lingettes, paracétamol, bonbons, pièces d’identité, cartes vitales, clés (toutes), téléphone, chargeur, chéquier, crayons pour signer les chèques (deux au cas où), liste de courses, jetons pour chariots, cartes de fidélité, petit miroir et j’en passe.

Et Monsieur? Oui. Celui qui marche à côté de vous les mains dans les poches. Que transporte-il? Et ben, rien, rien du tout. Pour lui ce n’est pas un problème de sortir sans las clés de la maison, il sait que vous les prendrez ; idem si le petit est enrhumé, il sait que vous avez prévu tout le nécessaire ; ou encore si le café où vous avez fait une pause ne prend pas la carte bleue, il sait que vous avec toujours un chéquier sur vous. Elle n’est pas belle la vie? Sans se poser de questions, sans avoir à prévoir, en se reposant pleinement sur un être chéri qui veille sur vous (tous) en permanence. N’est-ce pas un luxe que de vivre comme ça?

Toutes les filles veulent devenir des princesses. Demandez-vous pourquoi. Pour que quelqu’un d’autre fasse ce boulot à notre place!

Photo credit: fervent-adepte-de-la-mode via Visual Hunt / CC BY